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Les politiques d'aménagement linguistique, automne 2010

Lorsque l’État intervient en matière de langue, il influe sur les phénomènes de puissance et d’attraction des langues les unes par rapport aux autres dans le but de hâter, de freiner ou de changer le cours naturel d’une langue ou bien encore de tenter de réduire, sinon d’éliminer, ou au contraire d’accentuer la concurrence entre les langues.

Cette intervention, associée à une « politique linguistique », est désignée en français par les expressions « aménagement linguistique », « planification linguistique » ou « dirigisme linguistique »; on parlera en anglais de Language Planning ou de Language Policy et parfois de Language Spread. De façon générale, elle a pour objectif de résoudre les conflits résultant de la cohabitation des langues en référence aux textes constitutionnels, législatifs et règlementaires ou par de simples pratiques administratives.

Depuis quelques décennies, l’interventionnisme de l’État est de plus en plus fréquent, surtout dans les pays occidentaux, en Europe et en Amérique du Nord, mais également en Asie et dans certains micro-États du Pacifique. Dans les faits, les interventions politiques en matière de langue s’inspirent rarement de motifs purement linguistiques; elles se rapportent le plus souvent à des projets de société formulés en fonction de visées d’ordre culturel, économique et politique.

Peu nombreuses sont les réussites et les spécialistes, et ceux que nous avons réunis ne font pas exception, dénoncent volontiers des échecs ou demi-échecs. Ils nous montrent en effet que l’efficacité des lois linguistiques répond à plusieurs conditions : l’agir politique, l’importance numérique ou la masse critique des groupes linguistiques en présence, le consensus social, les ressources disponibles, humaines (linguistes, démographes, pédagogues, sociologues, statisticiens, etc.), financières et linguistiques (alphabet, grammaires, dictionnaires et manuels scolaires), le tout accompagné d’une certaine coercition et d’une pénalisation des infractions.